Gérer les écrans au quotidien pour un meilleur développement

A l'heure du tout numérique, les écrans sont partout autour de nous: à la maison, ils sont plus nombreux que les membres de la famille ! Dans la voiture, ils sont intégrés aux sièges, à l'arrêt de bus et dans le métro les vidéos publicitaires défilent sans cesse, dans certains restaurants et supermarchés on peut commander et effectuer ses achats sans jamais avoir affaire à un être humain, dans les salles d'attente la télévision est toujours allumée et de plus en plus, les écrans s'installent dans les catalogues de jouets, les poussettes, les jeux pour bébé. Tous les professionnels de la santé s'accordent à dire qu'une mauvaise utilisation des écrans a un véritable impact sur le développement physique, psychologique et affectif des enfants. Il ne s'agit pas ici de diaboliser la télévision, l'ordinateur, le smartphone ou la tablette, mais de réfléchir sur l'utilisation que nous en faisons et de la contrôler au mieux pour permettre à nos enfants de se développer le plus harmonieusement possible.

 Quelques effets d'une mauvaise utilisation des écrans sur le développement de l'enfant

 

L'enfant est un être sensoriel, il découvre le monde qui l'entoure grâce à son corps tout entier: il observe, touche, sent,  goûte, expérimente les changements de température, la fatigue, la faim... C'est en jouant qu'il se muscle et développe sa motricité globale et fine, qu'il trouve ses repères dans un espace en trois dimensions, qu'il fait des liens de cause à effet, qu'il interagit avec son environnement et qu'il communique avec son entourage.

 

S'il est trop souvent confronté à des écrans, plusieurs aspects de son développement vont s'en trouver ralentis. Tout le temps que l'enfant passe devant la télévision ou sur la tablette est un temps pendant lequel il ne joue pas, il ne manipule pas. Il se trouve passif face au défilé d'images, de sons, de couleurs qui captent toute son attention. L'intensité de ces images et de ces sons qu'il voit et entend à la télévision est bien plus élevée que les stimulations habituelles de son environnement quotidien. S'il y est trop exposé, il va s'habituer à ce rythme important et aura de plus en plus besoin d'agitation permanente , perdra plus facilement patience et ne saura pas jouer et s'occuper tout seul.

 

Par ailleurs, contrairement à une croyance largement répandue, la télévision ou les applications ludo-éducatives ne favorisent pas l'apprentissage du langage chez les bébés et les enfants. En effet, la communication est intimement liée à l'affectif et c'est en échangeant avec son entourage qui s'adapte aux sons, gestes et mimiques de l'enfant que ce dernier va pouvoir développer le langage. L'écran diminue les occasions pour l'enfant d'avoir des relations sociales avec son entourage et réduit les échanges avec sa famille.

 

Enfin, la lumière bleue émise par les écrans a un véritable impact sur la production de mélatonine, l'hormone du sommeil. Des chercheurs américains ont en effet prouvé qu'elle agissait de la même manière que la lumière du jour sur le cerveau. Lorsque l'enfant regarde un dessin animé ou fait un jeu sur la tablette avant d'aller se coucher, la lumière bleue envoie comme message qu'il fait encore jour et le cerveau bloque alors la production de mélatonine. La qualité du sommeil de l'enfant ainsi que son temps d'endormissement s'en trouvent affectés. Or un enfant qui dort mal est un enfant plus stressé, plus irritable et qui tombe plus facilement malade. 

 

Conseils pratiques pour une meilleure gestion des écrans

 

Plusieurs psychologues et pédopsychiatres se sont penchés sur la question des écrans et conviennent ensemble que les nouvelles technologies font partie intégrante de notre vie. Aussi, il ne faut pas chercher à les éliminer totalement, mais plutôt à les intégrer intelligemment au quotidien. 

 

Serge Tisseron, psychiatre français, a mis au point une campagne de prévention intitulée "3-6-9-12, Apprivoiser les Ecrans et Grandir". En voici les grandes lignes:

 

  •  Pas d'écran avant 3 ans :

Avant 3 ans, l'enfant a surtout besoin de jouer, d'expérimenter, de manipuler, de se déplacer et d'être en relation avec son entourage. Il met ainsi en place les repères spatiaux et temporels essentiels pour son développement.

 

  • Pas de console de jeu personnelle avant 6 ans :

L'enfant continue d'explorer sa motricité globale et fine, il apprend à écrire, il aime les activités sensorielles et artistiques. Les jeux vidéos, même adaptés à son âge, ont un certain côté addictif car ils offrent une sorte de récompense à l'enfant: dès qu'il touche l'écran, il se passe quelque chose, la réponse est immédiate. Si vous souhaitez introduire des jeux vidéos, prenez soin de bien respecter les âges indiqués et choisissez des jeux collectifs plutôt que des jeux à faire en solitaire, vous pourrez ainsi partager un moment convivial avec votre enfant et être présent pour le soutenir émotionnellement.

 

  • Pas d'internet seul avant 9 ans :

L'enfant apprend à interagir de manière adaptée avec les autres, il tisse des relations sociales. Il est important d'expliquer les 3 principes d'Internet (et de les rappeler souvent !) :

1) Tout ce que l'on y met peut tomber dans le domaine public;

2) Tout ce que l'on y met y restera éternellement;

3) Il ne faut pas croire tout ce que l'on y trouve.

 

  • Pas de réseau social avant 12 ans : 

Rappelez à votre enfant l'importance du respect de la vie privée, le droit à l'image. Parlez-lui du téléchargement, des arnaques, de la pornographie, du harcèlement, etc.

 

  • Après 12 ans : 

Votre enfant est indépendant sur Internet, mais prenez soin de lui rappeler régulièrement les principes d'Internet et les sujets évoqués ci-dessus. Discutez de ce qu'il fait et voit sur Internet, fixez des horaires à respecter et coupez le wifi la nuit.

 

 

Le moment choisi pour regarder un dessin animé, faire une partie de Mario Kart sur la Wii ou de Candy Crush sur le téléphone a aussi son importance. Voici les repères de Sabine Duflo, psychologue clinicienne, pour choisir le bon moment pour proposer un temps d'écran à l'enfant. Ils s'intitulent "4 temps sans écrans = 4 pas pour mieux avancer".

 

  • Pas d'écrans le matin avant d'aller à l'école, car ils sur-stimulent et mobilisent l'attention de l'enfant qui aura donc des difficultés à se concentrer en classe.

 

  • Pas d'écrans dans la chambre car ils affectent la qualité du sommeil et empêchent les parents d'avoir le contrôle sur les programmes regardés et la durée. 

 

  • Pas d'écrans pendant les repas. Le repas est un moment de partage en famille, essentiel pour discuter, raconter sa journée, donner à chacun une place dans la famille. De plus, les images peuvent ne pas être adaptées aux enfants (journal télévisé par exemple).

 

  • Pas d'écrans avant le coucher puisqu'ils bloquent la production de l'hormone du sommeil et excitent l'enfant.  

 

 

Le pédopsychiatre français Stéphane Clerget propose une astuce facile pour déterminer la durée d'exposition de l'enfant face à un écran (tous écrans confondus): pas plus d'une heure par semaine par année d'âge. Ce qui donne au maximum 3 heures d'écrans par semaine à 3 ans, 8 heures à 8 ans, etc.

 

D'une manière générale, entre 3 et 9 ans, accompagnez toujours votre enfant devant un écran, ne serait-ce que pour contrôler ce qu'il regarde et à quoi il joue, lui expliquer ce qu'il se passe, discuter sur ce qu'il a vu et compris, mettre des mots sur les émotions qu'il peut ressentir, accompagner sa frustration lorsqu'il ne réussit pas un niveau, etc. L'écran ne devrait pas servir de baby-sitter, la présence d'un adulte est essentielle pour soutenir et accompagner l'enfant. Faites attention à ne pas laisser la télévision allumée en fond dans les pièces à vivre. C'est une source de distraction pour l'enfant qui, même s'il ne la regarde pas, ne peut être concentré à 100% sur ce qu'il est en train de faire.

 

Pour finir, voici quelques astuces pratiques pour en finir avec la guerre qui se déclenche dès que vous  éteignez la télévision !

 

  • Mettez ensemble un timer lorsque votre enfant débute sa partie ou son dessin animé, lorsque le timer sonne, c'est terminé, même si le film ou le jeu n'est pas achevé. L'avantage du timer, c'est que votre enfant voit en temps réel combien de temps il lui reste.

 

  • Prévenez régulièrement votre enfant : encore 10 min, 5 min, pour qu'il soit préparé à éteindre.

 

  • Astuce d'une maman : Fabriquez ensemble des tickets de cinéma ! Choisissez leur durée ainsi que le nombre de tickets par semaine: par exemple, créez 4 tickets de 20 minutes par semaine. Une fois que  votre enfant a épuisé tous ses tickets, il doit attendre la semaine suivante. Il apprendra ainsi à gérer son temps ! 

 

Pour conclure

Les écrans ne sont pas foncièrement mauvais, c'est l'utilisation que nous en faisons qui conditionne leur impact sur le développement et l'épanouissement de l'enfant. Il suffit simplement de trouver la juste mesure : moins de temps passé devant un écran = plus de temps pour jouer, communiquer et grandir ! Les tablettes et autres écrans proposent beaucoup de programmes ludo-éducatifs. Sélectionnez-les judicieusement et utilisez-les à bon escient pour qu'ils aient un impact positif plutôt que négatif. Prenez toujours en compte les recommandations concernant les limitations d'âge et n'utilisez pas les écrans comme une récompense.  Et n'oublions pas que l'enfant apprend par imitation, alors donnons l'exemple en ne passant pas notre temps collé à un écran ! 

 

 Ce tableau proposé par Hoptoys.fr résume bien les informations ci-dessus, n'hésitez pas à l'utiliser !

 

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